Aquaculture en milieux confinés : le cas de l’étang de Thau

Calcul du confinement paralique par simulation numérique dans l’Étang de Thau (Languedoc-Roussillon).

Les environnements littoraux sont des lieux d’interface entre les continents et les océans, entre vie terrestre et vie marine, entre eau douce et eau salée, etc. Leur importance n’est pas seulement liée aux activités humaines et à l’économie (pêche, aquaculture, transport maritime, tourisme). Ils furent et sont encore aussi le lieu de l’apparition et du développement de nouvelles formes de vie. Leur étude revêt donc un intérêt particulier.

Les comprendre est un jeu complexe, car ils sont le théâtre de l’imbrication de phénomènes se produisant à des échelles de temps et d’espace d’une grande variété. Les mathématiques ont donc leur rôle à jouer…

Le confinement paralique est un indicateur de la répartition des espèces dans les lagunes et baies fermées non soumises à la marée. Il a été inventé par des naturalistes dans les années 80 et a été très utilisé depuis pour notamment décrire et classifier les lagunes méditerranéennes. On dit qu’un domaine littoral est confiné s’il est pauvre en nutriments. Cette définition est fiable : en effet, les espèces présentes dans les lagunes recherchent naturellement de la nourriture et leur répartition est donc directement liée à la concentration des nutriments à l’intérieur de celles-ci.

Récemment, une définition mathématique du confinement paralique a été donnée. Elle le relie à un phénomène fluide : l’existence d’un courant allant de la mer vers le fond de la lagune. Cette définition, utilisée dans un modèle sophistiqué à base d’équations aux dérivées partielles, a amené le développement d’une méthode pour calculer le confinement paralique par simulation numérique. Cette méthode a, entre autres, permis de calculer le confinement paralique dans l’Étang de Thau, près de la ville de Sète. De plus, en l’utilisant au sein d’un modèle incorporant la marée, cette définition a permis de démontrer que le confinement paralique est également un bon indicateur de la répartition des espèces dans les lagunes soumises à la marée.

Les perspectives ouvertes par ces travaux sont grandes : le confinement paralique pourra être connu dans toute partie de lagune où cela sera nécessaire, en minimisant les prélèvements. Lors de la conception d’un ouvrage au sein d’un environnement côtier, la modification de la répartition des espèces qu’il induira pourra être estimée. Les aquaculteurs seront ainsi aidés dans leur choix des emplacements des élevages de coquillages.

Brève rédigée par Emmanuel Frénod (Université de Bretagne Sud).

Pour en savoir plus :

Crédits image : Jean-Philippe Bernard (Inria).

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