Sir Ronald Fisher, biologiste ou mathématicien de génie ?

Ronald Fisher est un statisticien britannique considéré par certains comme « le meilleur biologiste évolutionnaire après Darwin ». C’est le non moins célèbre Richard Dawkins qui l’a suggéré en 1995 dans son livre « River out of Eden ».

Il naît en 1890 à Londres, en Angleterre. Après des études de mathématiques et de physique, il participe dès 1911 aux rencontres de la société eugéniste fondée par Galton et s’attaque aux problèmes statistiques que posent les travaux de Galton et Mendel en génétique des populations. Cette discipline néo-darwiniste représente l’étude de la distribution et des changements des versions d’un gène (allèle) dans les populations. Fisher obtient très vite des résultats importants. Entre autres choses, Fisher publie en 1922 un article intitulé “On the dominance ratio” dans lequel il introduit un modèle mathématique combinant les lois de Mendel et l’idée de sélection naturelle, centrale dans les travaux de Darwin sur l’évolution.

Mais sa contribution scientifique à la méthodologie statistique est aussi majeure ; il a notamment publié « On the mathematical foundations of theoretical statistics » (1922) dans lequel il introduit une quinzaine de notions fondamentales en statistiques comme le maximum de vraisemblance. Son livre «Statistical Methods for Research Workers» (1925) a aussi eu un grand impact et a été réédité à de nombreuses reprises. En 1930, Fisher publie « The Genetical Theory of Natural Selection », livre qui a marqué l’histoire de la génétique des populations. Enfin, on lui doit l’équation dite de Fisher-KPP (Fisher-Kolmogorov-Petrovski-Piskunov) qui modélise l’invasion d’une espèce ayant un avantage évolutif (1937).

 

Brève rédigée par : Cyril Imbert (CNRS, univ. Paris-Est Créteil) et Laurence Bianchini (MyScienceWork) à partir des travaux de N. Bacaër : A Short History of Mathematical Population Dynamics. Springer, Londres, 2011.

Pour en savoir plus : A. Lichnewsky. Dynamique des populations : ondes stationnaires pour l’équation de Fisher. Dans le livre “Mathématiques en situation, issues de l’épreuve de modélisation de l’agrégation”, Springer 2001, p. 151-166.

Crédits images : Wikipedia

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