Un oursin, deux oursins… neuf cent cinquante-deux oursins…

Au Québec l’oursin vert, considéré comme une espèce émergente, est l’objet d’une nouvelle pêche.

La gestion des ressources est un enjeu majeur pour la préservation de la biodiversité. Connaître le nombre d’individus des différentes espèces vivantes permet de juger de la qualité des écosystèmes.

En milieu marin, être en possession de ces chiffres permet de gérer les stocks en mettant en place une pêche durable et responsable qui préserve les espèces.

Dans la pratique, ceci est plus compliqué qu’il n’y paraît.

Une méthode fréquemment utilisée est de recueillir des données lors de campagnes de pêche scientifiques qui ont lieu tous les ans. Ceci fournit ainsi un échantillonnage régulier dans le temps.
Dans le Golfe du Saint-Laurent, au Canada, des navires de pêche scientifiques ont ramassé les espèces présentes dans les fonds marins lors des mois de septembre depuis 1988 et selon plusieurs profondeurs différentes. La méthode consiste ensuite à faire une estimation de la biomasse, c’est-à-dire la masse totale mesurée des organismes vivants de la région.

De nombreuses espèces, oursins, souris de mer, anémones, étoiles de mer, sont présentes dans le Golfe mais leur répartition n’est pas uniforme. Les estimations doivent donc corriger le fait qu’un certain nombre d’échantillons ne contiendra aucun individu de ces espèces. Le modèle qui fournit les estimations décrit le résultat des pêches comme issu d’un processus caché (la biomasse), inhomogène en espace et observé de façon irrégulière et non exhaustive. Ces résultats au final permettent d’identifier des relations entre la biomasse observée et les paramètres écologiques des lieux : température de l’eau, profondeur, type de sédiments (sable, vase, rochers) constituant les fonds marins.

Il est donc ainsi possible de comprendre le lien entre les divers types d’habitats et les espèces et d’évaluer les quantités présentes dans les fonds marins. Utiliser le même protocole d’observations depuis 1988, permet d’évaluer les impacts de la pêche et du changement climatique sur la biodiversité et  de préconiser les mesures la protégeant.

 

Brève rédigée par Liliane Bel (AgroParisTech) et Laurence Bianchini (MyScienceWork) à partir des travaux de Jean-Baptiste Lecomte et Eric Parent (AgroParisTech).

Pour en savoir plus :

Crédits Images : Wikipedia/Nick Hobgood

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