Les automobilistes aux premières loges du trafic et de sa pollution

Mesures de pollution à l’intérieur des véhicules.

S’il n’est plus besoin de démontrer la part de la voiture dans le flux des déplacements quotidiens, ni la pollution qu’elle produit en ville, la qualité de l’air respiré par les occupants des véhicules était en revanche jusque-là peu connue. Une première étude a été faite à Rouen en mai et juin 2007, avec des mesures très fines sur 5000 km parcourus au cœur du trafic. Les fortes teneurs constatées ont surpris les experts eux-mêmes et posent de nouvelles questions de santé publique.

Particules, monoxyde et dioxyde d’azote figurent en bonne place dans les émissions des pots d’échappement. Ces polluants ont donc été mesurés en équipant une voiture avec des capteurs directement branchés sur la prise d’air – là même où est aspiré l’air que les occupants respirent. Les mesures ont été réalisées en temps réel dans le flot de la circulation, matin et soir, selon des parcours diversifiés.

L’étude statistique montre que la voiture est loin de former un abri vis-à-vis de la pollution ambiante. La pollution semble à l’inverse s’y concentrer, ce qui peut s’expliquer par la conjonction d’une proximité des rejets (les passagers de voitures sont au cœur du trafic) et d’un habitacle qui constitue un espace clos. Une analyse de la variance (qui compare statistiquement différents effets) révèle que les taux de pollution ne sont pas significativement différents que l’on soit dans un embouteillage ou non, que la circulation soit fluide ou dense, rapide ou lente, que la voie soit une autoroute, une voie rapide ou encore une rue quelconque dans la ville. En fait, l’analyse des données montre que la pollution est maximale lorsque l’on suit un véhicule de trop près, surtout dans une montée.

Les techniques statistiques appliquées aux nombreuses données recueillies ont ainsi montré que les plus fortes teneurs en polluants n’étaient pas uniquement là où on les attendait. Le conducteur et ses passagers s’avèrent soumis à des concentrations de 3 à 10 fois plus élevées que celles mesurées par les stations permanentes d’Air Normand. Contrairement aux idées reçues, mieux vaut qu’un enfant soit dans sa poussette sur le trottoir que dans son siège auto.

Brève rédigée par Michel Bobbia (Air Normand).

Pour en savoir plus :

  • Cet article présente les résultats d’une étude menée en mai et juin 2007 par l’Inserm, le Certam et Air Normand et soutenue par l’AFSSET donnant lieu à ce rapport.
  • Un autre article de MPT2013 «un jour, une brève» sur la qualité de l’air : «Le droit de respirer un air qui ne nuise pas à la santé».
  • Un outil de calcul, développé par AirParif, pour évaluer la qualité de l’air que nous respirons dans notre véhicule.

Crédits Images : Air Normand.

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